L’allaitement avec un grand « Ah… »

Que ce soit sur Twitter, Facebook et autres réseaux sociaux, le thème de l’allaitement paraît être positif, naturel, « absolument à faire » lorsque l’enfant vient de naître. Le MUST quoi. Pour beaucoup de femmes « ça s’est bien passé ! » Mais on ne parle pas (ou très peu) des autres femmes pour qui ça ne s’est pas passé comme elles l’imaginaient.

« Il faut le faire c’est trop important pour le lien entre la mère et l’enfant, en plus ça lui donne que des bonnes choses! »

« Ne pas le faire ce serait indigne d’une mère, ce serait priver l’enfant d’une future bonne santé »

Vu de ma fenêtre, je ne pensais pas autant entendre « au fait euh … elle l’allaite? » d’un air rempli de jugement (comprendre « euh elle allaite quand même?! ») Quand on répond par la positive on a l’impression d’être adoubé, si elle avait dit « non je lui donne le bib’  » c’est quoi, 7 ans de malheur?

Mais au fur et à mesure, je prenais l’ampleur du thème et surtout son côté tabou. Quand on interroge plusieurs mamans qui ont allaité leur enfant, on ressent soit, une fierté, une gêne, ou qu’on rouvre une blessure.

« Mais euh l’allaitement après tout,c’est par  conviction, tu fais ce que tu veux, ça fait quoi si t’allaites pas ou peu? » C’était la question que je posais et reposais car je ne comprenais pas pourquoi ce sujet était si sensible pour les femmes et nouvelles mamans.

Avec le retour du 100% naturel dans notre société, l’allaitement fait forcément partie du package. On juge, ou bien on fait partie du clan.

Mais l’allaitement c’est quoi en fait? Oui bon on sait bien que c’est le processus d’alimentation doux et naturel d’une maman à son enfant. Jusque là, ça va. Mais en fait les coulisses ne sont pas aussi douces que ce que l’on voit.  En écrivant cet article, je souris car ça me fait penser au sketch de Florence Foresti sur l’accouchement et son côté tabou. C’est tristement ce que l’on constate.

Ce qui est totalement squizzé c’est la partie immergée. L’enfant qui ne prend pas bien le sein, la fatigue qui s’accumule, les pleurs de l’enfant mais aussi ceux de la maman, le stress qui s’installe avant chaque tétée, « j’espère qu’il va prendre bien le sein, et qu’il va pas me faire mal. » La larme qui coule à chaque prise au sein. Les douleurs des seins, qui grossissent (pour un mec ça peut faire rêver, mais non pas touche!), les crevasses et les engorgements viennent compléter le tableau.

En voyant sa femme au bord du gouffre, un regard rempli de détresse et les larmes aux yeux ,un petit bout qui « tetouille »(nouvelle expression qui est venue dans ma boite  de bienvenue de Papa), il faut prendre une décision. Et vite.

« Le sevrer ? Oula pas question! Pas tout de suite! J’attends de voir, j »ai mal mais je continue! ». Mais pourquoi souffrir? Il me semble bien que des bébés sont nourris au biberon de lait artificiel et ils vont très bien? Pourquoi ce refus de le sevrer? Eh bien parce que « le sevrer, faut pas, pas tout de suite ».

L’acte d’allaiter dans mon esprit, paraissait plus sympa quand même. À la maternité, on nous disait que l’enfant ressent absolument tout! Stress, joie, peine, c’est une vraie éponge qui absorbe les ondes de la pièce. Mais le fait de le nourrir sans être sereine, ça veut dire que l’enfant mange mais ressent le stress également! Pas top! c’est comme si vous étiez à table, et que tout le monde pleure en permanence. Happy face non?

Tout mon respect à ces mamans qui malgré les douleurs, continuent, tentent et retentent. Cependant la raison devrait primer. Après plusieurs discussions, la décision est prise: on le sevre. Mais comment faire face aux autres? Comment faire face au jugement? Comment faire face aux réponses toutes faites, qui transpirent le contraire? C’est en fait CA! c’est assumer sa décision, et c’est préparer sa sortie du clan. On se transforme en marginale pour une femme. On ne fait plus « comme il faut ». Les premiers « ah déjà ? tu ne t’allaites plus du coup..? » Vous le sentez le « ah la mère indigne, une mauvaise mère de plus.. »? C’est exactement ce que l’on ressent, et pourtant j’ai été simple spectateur et je n’ai pas le même regard face à l’allaitement. Mais en l’espace de quelques  semaines,ma femme m’a prêté ses yeux.. vis ma vie de maman allaitante.

Ce que l’on retient de l’expérience de l’allaitement ? C’est qu’on ne nous dit pas tout. Autant on prépare les parents à l’accouchement, à la manière d’un sportif, mais l’allaitement on en parle pas tant que ça, comme si « Ah ben ça c’est la surprise, vous verrez c’est magique ».

L’allaitement est un processus très personnel qui semble être différent à chaque grossesse. On ne peut pas généraliser cet acte en disant que c’est bien « faut le faire » ou pas. Vous vous souvenez de la couleur de la robe qui faisait le buzz sur internet oú d’un individu à l’autre la couleur était différente..? l’allaitement c’est un peu ça. On voit ce qu’on voit, mais surtout on fait ce qu’on veut.

À chaque personne ne supportant pas le sevrage qui s’opère trop tôt, j’ai une question. « Où est le problème? »

Sur ce, je vais donner le biberon.

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Auteur : dailyfreezy

Un blog, où on raconte tout ce que l'on sait, ses astuces, ses coups de mou, ses coups de gueule, sa vie (oui ici on peut). On peut être critique, mais aucun propos à caractère raciste, homophobe ou bien qui atteint l'intégrité d'une personne n'est toléré

2 réflexions sur « L’allaitement avec un grand « Ah… » »

  1. Merci ! Merci de lever le voile sur ce qui semble être « naturel » aux yeux de ceux qui, généralement, ne se sont pas fait triturer un bout de leur sein…
    Merci de prendre part en tant qu’homme à ce débat plus que tabou !
    Effectivement c’est un lien avec son enfant qui s’établit, mais il y a d’autres choses qui nous lient à nos enfants non ?
    En passant cette étape qu’est la maternité, je me suis rendue compte que nous étions desarmées face aux critiques et jugements extérieurs. La « mauvaise mère » est la critique la plus blessante. On oublie qu’on ne naît pas maman, On le devient. Et même avec un lait maternel, des vêtements en coton bio et des jouets en bois, cette remarque plane tjs au-dessus de nos têtes…et je pense tte notre vie.
    Comme il est dit, faisons comme nous le voulons/pouvons/préférons…le principal est de nourrir et d’apporter le maximum à nos petites têtes blondes !
    (Perso, c’est bon je suis prête pour affronter ces critiques pour bb2 !)

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  2. Ce qui est dommage ds ce genre de situation c est le non accompagnent de la maman . C est difficile car effectivement on pose le pb sur la mère alors que c est l enfant qui fait l allaitement et un accompagnement avec des choix de position des produits adaptés etc peut bien aider. Ici j ai allaité ma prema (2.5 mois d avance ) jusqu a 12 mois quasi c est ce qui l a sauvé sur bcp de choses. J ai du me battre /poids et aux normes bb biberon. Mais j avais des amies allaitantes a mes côtés. Et niveau fatigue simplicité (ti sors tu as tout) etc j ai adoré. Après il ne faut juste pas que ça soit un poids mm si ça avantage au niveau santé. .mm un peu d allaitement est tjs bénéfique. (Moins de coliques ou de maladies souvent ) . Cela doit rester un choix et non un stress. ..mleux vaut un bb heureux et nourri qu’ un binôme enfant mère stressé et malheureux .

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